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Il faisait partie de cette génération qui, venue de la vallée, a construit auprès des familles avalines la station que l'on connaît. Si ces familles en étant le socle, ces hommes et femmes ont laborieusement posé chaque pierre à l'édifice d'une station qui accueille aujourd'hui les skieurs du monde entier. Les oublier serait comme arracher des pages du grand livre d'histoire de Val d'Isère. L'un d'entre eux avait écrit de belles lignes dans ce recueil, avant de partir rejoindre vendredi soir le paradis de ces pionniers de l'ombre. André Pernet n'est plus. À 76 ans, cet originaire de Thénésol à côté d'Albertville, ne s'est pas remis d'une complication d'opération intervenue en juillet dernier. Enfant d 'après-guerre, pris dans le tourbillon des « 30 glorieuses », il monte très jeune dans la station ouvrant alors ses bras pour accueillir les mains nécessaires à son développement. Il n'avait que 16 ans et nous étions en 1960. Son intégration avaline commence avec la STVI. Il est perchman mais, en même temps, il apprend le ski et « mange du piquet ». Joli toucher de neige qui lui permet de devenir moniteur, à l'UCPA pour commencer, avant d'être juré formateur à l'ENSA. 1970, Il vit l'un des pires souvenirs de la mémoire avaline. L'avalanche de la Grandes Gorges balaye l'UCPA. Il était à l'intérieur. Une cicatrice qui ne se refermera pas, lui apprenant l'humilité obligatoire de l'être humain face à la montagne, source de grands bonheurs ou d'injustes drames. Événement qui le soude pour toujours à l'histoire de Val. Il intègre tout naturellement l'ESF, patrimoine de la station qui avait vu naître cette entité. Il en sera l'un des directeurs techniques. Cupidon passe aussi par là. Il se marie avec Maryvonne en 1974 et le petit Sébastien concrétise cette union. Le fils restera à Val d'Isère et, avec Audrey, aura 3 enfants nés sur place, non pas à la maternité, mais dans l’appartement de famille de la station. Puis, le temps faisant son affaire, « Dédé » rencontre Joëlle. Ils auront un fils, Mickael, tenant dans la vallée un magasin de vélo. André occupe ses intersaisons à travailler le bois. Il est ébéniste, reconnu par ses clients comme doué d'un grand savoir-faire à condition de lui laisser le temps d'exprimer son talent. Une vie bien remplie qui ne serait pas complète sans parler de l'homme, forgeant le sens des amitiés plutôt que celui des bénéfices. Sa valeur ajoutée était celle de la camaraderie. Des moments de partage pendant de joviales réjouissances autour des généreuses tables du « Relais du Ski », le fief avalin de l'époque. Et puis, le vélo. Là où se construisent d'intenses moments de complicité à force d'efforts au fil du bitume. Attaché aux valeurs du sport, il aura transmis la grande passion de sa vie à ses 2 enfants. Là haut, il regarde maintenant le Val d'Isère d'aujourd'hui, se disant sûrement que la station lui aura apporté la vie intense et heureuse qui participe au bonheur des hommes.
Ses obsèques se dérouleront mercredi 09 septembre à 14h30 à l'église Saint Jean-Baptiste d'Albertville.

Benoit Launay