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Les glaciers de Val d’Isère n’échappent pas aux conséquences du réchauffement. De l’avis des observateurs avalins, qu’ils soient pisteurs, employés de remontées mécaniques ou simples résidents, les glaciers reculent. Les cartes IGN d’il y a 25 ans le prouvent par rapport aux dernières éditions. Les langues glaciaires se réduisent . Les glaciers de la Méan Martin et de la Sana, fournisseurs d’eau pour la petite rivière de la Callabourdane, se vident à vue d’oeil laissant entrevoir une pénurie d’eau prochaine dans ce ruisseau. Le glacier des sources de l’Isère diminue chaque année de volume. Le glacier du Pisaillas, celui sur lequel la pratique du ski à 3300 m d’altitude se fait encore l’été, est une véritable interrogation pour les personnels des remontées mécaniques en charge de l’entretien des téléskis et des pistes sur cette surface. « Naguère, on replantait les pylônes ancrés dans la glace tous les 2 ans, maintenant c’est tous les ans » nous dit Olivier Varcin, l’un des responsables du site. Et ce fut aussi le cas l’année dernière malgré le très fort enneigement. On estime à 7 mètres la descente de chaque pylône tous les 2 ans. Et les réactions s’enchaînent. Le permafrost au-dessus du glacier s’efface. Le dégel engendre de brutaux éboulements qui viennent mourir sur le glacier renforçant la fonte en réchauffant l’ensemble. Même chose lors de la fonte naturelle. Les éperons rocheux qui dépassent çà et là au fur et à mesure que l’épaisseur de la glace diminue sont de véritables capteurs de chaleur, ce qui augment la rapidité de fonte autour de ces masses rocheuses. Les constatations font aussi apparaître des périodes de douceur plus longue. « En 1992, on n’imaginait pas mettre les shorts, sauf peut-être 15 jours en août. Aujourd’hui, on travaille en short là-haut tout l’été ». La dernière période de canicule a fait monter le thermomètre à +20° au-dessus de 3000m. Les vents là-haut ont aussi changé. Majoritairement de secteur Ouest-Nord-Ouest, ils soufflent de plus en plus depuis une orientation Sud-Sud-Est. Cela apporte l’hiver des retours d’Est conséquents avec des quantités de neige importantes mais ça n’est pas suffisant pour lutter contre la douceur qu’il transporte le reste de l’année. En 20 ans, et la courbe n’est pas linéaire, on pense avoir perdu une épaisseur de 15 à 20m du glacier et une longueur allant de 100 à 150 mètres. Mais ce rétrécissement est chaque année plus rapide. L’épaisseur estimée aujourd'hui du glacier varierait de 8m à 40m. À ce rythme, la réduction de glace sera fatale d’ici quelques années. De leur côté, les professionnels de la neige n’ont pas opté pour effectuer du « Snow Farming ». Ils ont privilégié la construction d’une ligne d’enneigement de culture jusqu’au sommet, car on sait que la neige retient la fonte des glaces. Des « barrières à neige » ont aussi été construites. Procédé naturel, les vents transportant la neige viennent s’engouffrer dans ces barrières qui retiennent les flocons n’ayant plus ensuite qu’à les étaler avec les dameuses. Autre pratique, l’usage du sel permettant de durcir la neige pour les entraînements de compétition est devenu interdit depuis de nombreuses années. Ces efforts, s’ils sont élogieux, seront-ils suffisants pour lutter contre un réchauffement d’une nature bien plus inéluctable que n’importe quel engagement humain, si laborieux soit-il.

(Notre photo : Au fond la Tsanteleina dans les années 50 et aujourd'hui. Credit photo noir et blanc  Hugel)