Radio-TV Val d'Isère

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C'est un enfant du pays et, plutôt que le ski, il a choisi la musique comme terre d'expression. À 37 ans, Jim Petit, fils de Dominique et Michelle Petit qui habitent à Val, vit de son art et à sa manière. Avec Delphine, sa femme, il habite depuis 20 ans dans une ferme situé à 600 m d'altitude dans un petit village d'Alsace de 300 habitants. « C'est un hasard, mais ce village est sur le même méridien que Val » nous dit Jim. C'est là qu'il compose des œuvres en faisait fonctionner ses instruments à l’électricité photovoltaïque car le bâtiment est autosuffisant en terme d'énergie. Pourtant sportif puisqu'il avait à l'époque intégré le Club de Val puis le ski-étude de Bourg, Jim a ensuite étudié l'agriculture bio au Lycée agricole de la Motte Servolex avant de passer un IUT d'agronomie. Il devient alors conseiller agricole pour accompagner les paysans à passer au bio. C'est à cette période qu'il affine son approche avec la musique « J'ai eu toujours ça en moi » nous dit-il « J'ai gratté sur la guitare de ma grand mère à l'âge de 5 ans. Il signe un premier album de blues expérimental en 2005 ce qui lui permet d'accéder à la scène en Scandinavie, Allemagne, Tchéquie et France.  Changement de métier. Il monte avec sa femme une compagnie artistique qui travaille sur l'Art Social, les installations sonores et visuelles. Pour Jim, la notion de Karma est essentielle. Il n'y a pas de hasard mais des conjonctions de faits qui permettent à l'être humain de vivre ses expériences. La cause du nucléaire en est une. Habitant à 50 km de Fessenheim, il y voit un signe à l'approche des 7 ans du drame de Fukushima. Et cette « conjonction » l'inspire. Il créée un Réquiem moderne post-nucléaire « Postnuklea rekviemo ». 45 minutes d'une ode musicale entrecoupée d'archives radios en forme de prière pour les victimes de l'atome et d'espoir pour ceux qui le refusent. Cette  composition est magistrale. Une centaine de musiciens dont  l’Orchestre Symphonique de Bratislava qu'il est allé cherché en Slovaquie et la maîtrise de l’Opéra National du Rhin à Strasbourg. Il en a créé la partition mais aussi les arrangements. Un travail commencé en 2015 qu'il propose aux radios internationales. Des radios d’Allemagne, France, Belgique, Canada, USA et d'Australie sont déjà partenaires. Lors de ces diffusions entre le 11 et le 15 mars, correspondant à la semaine commémorative de l'accident de Fukushima, il demandera aux auditeurs de prendre en photos des yeux dont il récoltera, via internet, les clichés pour en faire ensuite une œuvre plastique dont le premier matériau, comme ses disques vinyles, seront issus de la biomasse. Oui, notre avalin n'est pas seulement musicien, il est aussi un authentique artiste dont l'expression vient du plus profond de sa philosophie de vie.

Benoit Launay