Radio-TV Val d'Isère

 96.1 FM · +33 (0)4 79 06 18 66 · redaction@radiovaldisere.com

X (FERMER)

« Retour aux Infos Avalines


L'hiver est rude. Les habitants du Fornet sont rappelés au bon souvenir d'une météo capricieuse. En effet, pour la 4ème fois depuis le début de la saison, leur petit village est coupé du reste de la station de Val d'Isère et coupé du reste du monde. La seule voie unique qui mène au hameau sillonne un fond de vallée aux pentes amont vertigineuses. Selon les habitants, il est tombé 40 à 45cm en 24h et en début d'après midi de dimanche, il est tombé 7cm en 3/4 d'heure. Ce dimanche, à la faveur d'une éclaircie, les pisteurs sont allés patrouiller sur le haut de la piste Mattis qui permet, comme sur un promontoire, d'observer avec minutie les différents couloirs potentiellement dangereux dont la neige pourrait se déverser directement sur ce cheminement. Leur constatation est sans appel. Certains couloirs situés très hauts sont chargés de neige, souvent sous forme de congères, ce qui rend la probabilité de coulées importante. Dans ces conditions, il est plus raisonnable de laisser fermer la route. En ce dimanche, les Fornelains entament leur 7ème jour d'isolement depuis le début de la saison. C'est presque devenu une habitude et cette fermeture de week-end n'arrange personne. C'est en effet les jours de changements de clientèle. Le TO Hip Hide Outs a du garder les vacanciers de la semaine dernière. Certains, ne voulant pas rater leur avion, sont descendus à pied valise à la main, contre toute interdiction et au dépend de leur vie, sur les 2 km de voie enneigée présentant un risque réel. Une folie, quand on sait qu'une petite avalanche a déjà traversé la route cette nuit juste à la sortie du village. Les 50 autres vacanciers du Tour Opérator arrivant pour cette semaine ont tous été relogés dans le centre de Val. Une procédure municipale permet en effet une réquisition de logements dans ce type de problèmes. Mis à part cet isolement forcé, ce week-end s'est déroulé quasi normalement. Les restaurants ont accueilli les clients du quartier, mais, privés de ski, les journées se sont transformées en instants de photos, farniente, jeux de société ou petite balnéo selon les équipements des hébergements. On tue le temps et on se débrouille. Certains auraient aimé surfer sur le net, mais là aussi, l'onde numérique donne des signes de faiblesse que regrettent beaucoup les autochtones. Aujourd'hui, les Fornelains sont en attente d'une ouverture de leur route pour retrouver la civilisation dont ils dépendent. Pour les vacanciers, si l'interrogation est le premier réflexe, ils reviendront à la maison avec la conscience naissante d'avoir vécu une forme d'aventure qu'ils auront plaisir à raconter plus tard à leur entourage.

Benoit Launay